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7.  Inventer une méthode de dialectique sociale

Dans tous les territoires et toutes les organisations publiques et privées, il va donc nous falloir inventer une méthode de partage des connaissances, par et avec le plus grand nombre. Nous voyons bien le lien direct entre dialogue et performances économiques et sociales. Car c’est en organisant des processus participatifs autorisant l’écoute de chacun que l’on comprend le niveau de conscience collective des contraintes et que l’on se donne le plus de chances de le faire progresser et d’identifier toutes les bonnes idées. Alors seulement des solutions nouvelles sont définies, qui traitent les problèmes au fond et sont appropriées par tous : le changement est alors construit par toutes les personnes rendues adultes par leur réflexion sur les contraintes et les alternatives possibles.

Mais évidemment, si le processus participatif transforme la personne en citoyen, organiser cette participation et donner la parole à des consommateurs exclusivement égocentrés serait contre-productif. Il y a donc bien sinon un préalable, du moins un corollaire aux processus participatifs : l’engagement des acteurs pour le collectif.

Quelle que soit la motivation initiale d’une personne, nous devons trouver comment utiliser ses compétences pour lui donner un rôle dans la société, une responsabilité de citoyen engagé pour la cité. L’observation des processus de responsabilisation montre que c’est en menant une action au service de l’intérêt général, en assumant une fonction qui nous dépasse, que nous prenons, peu à peu, mieux conscience de la complexité du monde qui nous entoure. C’est alors que nous acquérons une posture de responsabilité. Nous devons donc faire attention à ce que chacun autour de nous, dans nos entreprises, nos associations, nos syndicats, nos fédérations professionnelles, puisse satisfaire son intérêt particulier tout en poursuivant celui du collectif.

Ainsi, nous sommes face à un enjeu de changement de civilisation. La mondialisation fait peur : la tentation du repli sur soi est grande. L’histoire se raconte par les guerres et les exemples de philosophes et inventeurs qui, ayant eu raison avant l’heure, furent punis d’être trop en avance. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de systèmes qui font primer le passé sur l’avenir, qui bloquent l’anticipation, dans lesquels s’engager en toute bonne foi pour les autres revient à passer pour un candide.

Nous allons devoir faire preuve de créativité et de pragmatisme pour inventer des méthodes de réflexion collective qui permettront d’élaborer et de partager des constats objectifs, reçus et appropriés par tous, et de tendre ainsi vers l’émancipation de la condition humaine. Il s’agit de mettre au point les processus qui favoriseront un plus haut niveau d’implication de chacun dans la construction d’une société plus juste et plus performante, dans la construction de solidarités intergénérationnelles, interethniques, interculturelles tant à proximité que dans les espaces nationaux, européen et mondial.

Il ne s’agit pas ici d’une utopie ou d’une incantation, mais bien d’une méthode : observer le terrain, écouter beaucoup, échanger les informations, croiser les analyses, maîtriser les processus de dialogue et de réflexion collective pour identifier les racines des problèmes, les meilleures idées et les meilleures pratiques, afin de permettre aux décideurs, mais aussi à chaque composante du corps social, de prendre les décisions les plus éclairées puis, chacun à son niveau, de les mettre en œuvre là où il se trouve.

L’objet de la seconde partie de ce rapport sera justement de présenter plus en détail les principes et le mode opératoire d’un nouveau mode de gouvernance, la démocratie citoyenne. Retracer d’abord l’histoire trimillénaire du continent européen nous donnera la perspective nécessaire pour comprendre la responsabilité des gouvernants et citoyens des pays de l’Union pour le développement de cette évolution indispensable.

 

L'Europe en chiffres : 

08/11/2016
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