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Valoriser toutes nos compétences sans exclusionPourquoi le Syntec Conseil en Recrutement soutient-il le CV Citoyen ?

Toute expérience génère des compétences

Une mère de famille présente une somme d’expériences et par conséquent de compétences, en particulier celle d’organiser des journées faites de mille détails et bien souvent criblées d’imprévus à gérer de surcroit. Ne serait-elle pas prête, par exemple, à assurer un service après vente ?
 
Le jeune qui a pris en main l’organisation du club de foot du village doit rendre compte au Maire de l’utilisation des subventions : le voici, peut-être, préparé à gérer le budget d’un petit projet d’équipe et faire son reporting à son N+1.
 
Le Directeur de PME franco-française qui anime une association environnementale à dimension internationale aurait intérêt à le faire valoir le jour où il voudra se désenclaver et diriger une entreprise plus orientée sur l’exportation.
 
 
Toutes nos expériences méritent d’être traduites en compétences.
Le monde de l’emploi, soucieux de lutter contre les discriminations et éviter des interprétations sauvages en termes d’évaluation des candidats, s’est interdit d’aborder la sphère privée. Par là même il a réduit son champ d’exploration des talents à la seule sphère professionnelle et occulte bien des dimensions remarquables.
 
Alors quid de ceux qui ont momentanément plus de responsabilités dans la sphère sociale que dans celle de « l’emploi » ? Quid des chances de trouver un poste intéressant pour ce jeune qui éventuellement faute de stages prestigieux, si d’un milieu moins favorisé, aurait exprimé ses capacités d’organisation dans la sphère citoyenne ? Bien d’autres exemples pourraient être donnés.
 
Pour éviter le clonage social, le risque est ainsi pris de sécréter de façon systémique la marginalisation. Et par ailleurs, nous privons le champ économique du recensement et de la dynamisation de tous les talents.
 
De l’individualisme au collectif
Les études montrent aujourd’hui que les comportements tendent vers le développement de l’individualisme et le monde de l’emploi en souffre. On se « monnaye » plus que l’on ne « s’engage ».
Or, les personnes qui s’investissent dans des activités sociales ou citoyennes, font souvent preuve d’une orientation vers les intérêts collectifs au-delà du mercantile : l’entreprise, si rationnelle soit-elle, en a besoin pour redonner le sens de la coopération dans des projets communs.Le fait que les référentiels de compétences qui structurent les Entretiens d’appréciations annuels comportent le plus souvent la dimension « coopération pro active » ou une dénomination équivalente, témoigne d’un besoin qui n’est pas résolu de façon implicite, loin s’en faut. Il est aussi intéressant de souligner que les activités autres que professionnelles créent de l’ouverture d’esprit sur des champs qui viennent enrichir la réflexion dans le travail et y créer de la valeur ajoutée au-delà de la simple fonction exercée. Un conseiller municipal peut être engagé à participer à des échanges sur la maîtrise des risques concernant la circulation piétonne de la commune qui trouvent leur utilité dans ses contributions en tant qu’ingénieur ou agent de maîtrise à la sécurité dans son usine.
 
Le monde de l’emploi a non seulement intérêt à prendre en compte ces dimensions mais nous pouvons aller plus loin : il gagnerait à les valoriser.
 
 
Le sens et le moral
 
D’où vient le taux d’absentéisme d’une entreprise, d’où vient son taux de turn over ? Et plus grave : d’où vient son taux de présentéisme ? La chute du « moral » des collaborateurs peut couter cher à l’entreprise.
 
L’homme est en lui-même un écosystème. Et s’il est éclaté en champs de réalisation non compatibles (professionnel, familial, social, citoyen) car non reconnu par l’entreprise comme parties intégrantes de l’ensemble, il a largement intérêt pour survivre à, tout simplement, « s’économiser »*. Le monde le l’emploi a-t-il besoin de personnes qui ont appris (comme des mutants) à s’économiser ?
Pour redonner le moral, c'est-à-dire l’envie de se mobiliser, il est nécessaire de redonner du sens. Et celui-ci se niche aussi dans le fait que tout un chacun soit reconnu et légitimé sur l’utilité de l’ensemble de ses champs de réalisation quelle que soit la sphère dans laquelle il agit. Qu’il ait le « droit » d’en parler, de le valoriser dans ses modes de réalisation et non la nécessité de s’occulter par tranches.
 
*La littérature actuelle nous alerte à travers ses titres et son contenu « La fatigue des élites » - « Faits et Foutaises dans le management » - « Les cadres se rebellent ».
 
 
Nous sommes favorables au curriculum vitae citoyens et soutenons l’action de l’ODISSEE
 
Certes, les recruteurs n’ont pas à explorer la sphère privée des candidats. Mais ce n’est pas pour autant, qu’ils doivent inviter les personnes à ne présenter que les compétences exercées dans le champ professionnel. Comme il est dit plus haut, d’entrée de jeu, toute expérience génère des compétences.
 
Et pourquoi les candidats ne pourraient-ils se valoriser face à des recruteurs là où un certain nombre d’hommes charismatiques d’entreprises n’hésitent pas à se promouvoir ? Qui de son support à une équipe de foot, qui de son mécénat à l’égard des artistes, qui de son soutien aux actions contre la faim…
 
Sortons de la frilosité dans laquelle la lutte contre les discriminations nous a entraînés pour redonner à notre regard sur chaque citoyen, c'est-à-dire candidat, toute sa dimension d’être humain qui se réalise à part entière et par conséquent dont l’offre peut être globalement plus riche que le seul parcours professionnel.
 
C’est là que se loge notre capacité, en tant que professionnel du recrutement, d’offrir un champ d’expression large et nourri où ce qui est « out of the box » peut être utilement reconnu et apprécié comme une valeur pour l’entreprise.
 
N’est-ce pas là aussi que peut se loger notre capacité à favoriser le développement de la diversité ?
 
 
17/03/2015
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