Observatoire du Dialogue
et de l'Intelligence Sociale
La raison la meilleure
devient la plus forte
?

8/ Les clés opérationnelles du vrai dialogueNe nous fâchons pas !

Le rôle de tout dirigeant est de réunir les conditions de la performance durable et de la cohésion sociale à long terme de son territoire ou son organisation. Maintenir et développer l'envie de chacun de vivre ensemble et de réussir ensemble suppose d'organiser la prise de conscience des enjeux et la prise en main des solutions par les acteurs eux-mêmes. Chaque organisation doit donc impliquer toutes ses parties prenantes dans la collecte et l'analyse de tous les faits, expériences, analyses, idées, proposition en provenance de la diversité des statuts, expériences, savoirs, intérêts particuliers, appartenances partisane, socio professionnelle et associative. Sollicités dans un cadre optimisé et un processus structuré, sachant donc qu'ils seront plus écoutés, la motivation et la participation des invités grandissent. Pour y parvenir, un vrai dialogue doit être préparé, animé, et suivi avec des outils opérationnels (1)(2).

Préparation du dialogue : préparation simplifiée et partage en continu

L'invitation à participer à un événement doit inclure la consultation des participants en amont de la rencontre : tous doivent être entendus, qu'ils soient absents ou présents.

Le questionnaire préparatoire se décompose en plusieurs formulaires bien distincts qui constituent une Application de dialogue thématique utilisable par toutes les parties prenantes concernées par le thème traité. Chaque format doit autoriser une présentation claire, lisible et utilisable par tous de toutes les informations recueillies :

  • Formulaire d'inscription aux événements : tenir à jour des listes d'inscrits,
  • Formulaire de témoignages : recenser les informations, analyses et idées,
  • Formulaire de pratiques : lister des pratiques,
  • Quotient d'intelligence sociale (Q.I. Social, ou QIS) : produire des sociogrammes thématiques.

L'organisateur doit pouvoir :

  • Présenter son événement ;
  • Ajouter des Questions Minute à sa guise ;
  • Diffuser les invitations aux personnes de son choix ;
  • Suivre les réponses en continu ;
  • Relancer les invités.

De plus, il convient dès cette phase de proposer aux organismes et réseaux concernés de relayer les invitations. Un questionnaire préparatoire doit donc être installé sur une plateforme qui autorise la lecture des réponses, indépendamment les unes des autres, et en comparaison avec toutes, dans :

  • La base de données unique : par territoire, thème, organisme employeur, association,
  • La base de données de chaque communauté : par fonction, hiérarchie, ancienneté, métier, établissement, urbanisation, service,
  • L'espace personnel de partage de  l'information de chaque participant : par catégorie socio professionnelle, âge, sexe, revenus, domicile...

Afin de lever les freins à l'expression, le système de sollicitation doit permettre aux contributeurs de :

  • Conserver l'anonymat, et la paternité de leurs écrits ;
  • Gérer la réécriture et la diffusion de leurs propres contributions ;
  • Consulter les contributions des autres participants, selon les niveaux d'anonymat et de confidentialité.

Animation du dialogue en trois temps bien dissociés : introduction, animation, conclusion

En introduction du débat, il convient de faire prendre connaissance aux participants de la diversité de toutes leurs idées, perceptions et expériences pour accélérer la réflexion collective :

  • L'animateur doit pouvoir choisir le Diaporama introductifpréétabli le plus adapté à son public,
  • Un Livre Bleu présente la carte des faits et des idées ordonnés selon leur degré de complexité. Cette vision globale et synthétique de tous les points de vue constitue un accélérateur de la compréhension des enjeux et solutions envisageables,
  • Un Sociogramme positionne les participants dans le Livre bleu. Il révèle de façon simple et didactique la diversité des acteurs en présence, selon leurs pratiques personnelles, leur vision de l'idéal, mais aussi des blocages et opportunités qu'ils perçoivent. Des comparatifs révèlent des spécificités territoriales ou socio-professionnelles,
  • Un Code du débat affirme les règles que chacun doit respecter pour bâtir ensemble un diagnostic plus approfondi et des projets mieux articulés. Sa lecture rapide contribue à placer les participants dans une posture de dialogue, de respect et de questionnement constructif de toutes les idées, toutes les personnes, tous les faits et toutes les propositions.

Cette introduction exhaustive et non partisane revêt la double vertu pédagogique d'ouvrir les esprits en dévoilant la complexité des enjeux, tout en faisant en sorte que tous prennent conscience que personne ne détient seul toutes les informations ni n'embrasse de façon objective la complexité d'une analyse globale et qu'il est donc indispensable de réfléchir ensemble. Dès la première intervention, chacun peut entrer dans une analyse transversale de l'ensemble du Livre bleu, et préciser son argumentation en embrassant un plus grand niveau de complexité.

L'animation d'un vrai dialogue suppose de s'assurer de la non-confiscation de la parole par la majorité, les charismatiques, les tribuns, ni les décideurs :

  • Un Fil bleu présente la liste des participants classée dans un ordre optimal au regard de leur différents regards, vécus et pratiques. Ce Guide d'animation permet à l'animateur de s'assurer de l'expression de la diversité des socio-profils et de tous leurs arguments, y compris les plus dissonants et isolés.

En conclusion du débat, l'animateur formule une synthèse :

  • Le raisonnement global souligne le diagnostic et les valeurs partagées par le collectif plus qu'il ne sélectionne une poignée de projets. L'objet de cette analyse collective est d'identifier les repères convergents à travers lesquels chacun pourra procéder à l'analyse des acteurs, des actions, des enjeux, des options et des projets. Si des propositions peuvent être formulées à destination des décideurs, le critère de succès d'un vrai dialogue est que chacun puisse en retirer des éléments transposables, par soi-même, dans sa propre vie personnelle, professionnelle et sociétale.

Une fois le débat terminé, les décideurs présents peuvent formuler leurs conclusions, sans pour autant se placer en mode de décision.

Le suivi

Les conclusions du débat sont reprises selon différents formats qui alimentent un rapport transversal de type L'état social :

  • Fiche confidentielle de positionnement personnel : le diaporama introductif est remis à chaque répondant, incluant sa position dans la carte des acteurs. Confidentialité : seul le répondant connait son propre positionnement. Toutes ses données sont anonymisées dans les sociographies,
  • Les commentaires personnels sont adaptés à chaque socio profil,
  • Un questionnaire de conclusion est adressé aux participants, incluant l'évaluation de la qualité du dialogue, la possibilité d'ajouter ce qui n'a pas été dit pendant le débat, des propositions aux parties prenantes 360°, des résolutions personnelles,
  • Le rapport intelligence sociale présente le Livre bleu et l'ensemble du sociogramme,
  • Le Catalogue de pratiques est consultable par auteur et par question,
  • Le Recueil de témoignages également,
  • Les CV citoyens des participants présentent leurs témoignages et leurs pratiques selon le niveau de diffusion qu'ils souhaitent,
  • Les CV W archivent les réponses des invités aux Questions Minute ajoutées par l'animateur,
  • Le calcul et la labellisation du temps citoyen,
  • Une synthèse du débat est rédigée selon les Modèles de l'intelligence sociale.

Un suivi transversal

Les informations recueillies lors des événements qui ont utilisé la même application de dialogue sont agrégées et remises aux décideurs économiques, politiques et sociaux concernés :

  • Au sein d'un même territoire, dans un rapport de type L'état social du territoire,
  • Sur un même thème, dans un rapport de type L'état social thématique,
  • Dans des rapports de type L'état social de la France, de l'Europe, du Monde.

NOTES

(*) Afin d'éviter les écueils des faux dialogues générateurs de suspicion, de rupture et de conflits, La Tribune ouvre ses colonnes à l'Odissée. Pilotée par son directeur et expert de la dialectique, Jean-François Chantaraud, la chronique hebdomadaire « Ne nous fâchons pas ! » livre les concepts, les clés opérationnelles de la méthode en s'appuyant sur des cas pratiques et sur l'actualité.

L'Odissée, l'Organisation du Dialogue et de l'Intelligence Sociale dans la Société Et l'Entreprise, est un organisme bicéphale composé d'un centre de conseil et recherche (l'Odis) et d'une ONG reconnue d'Intérêt général (Les Amis de l'Odissée) dont l'objet consiste à "Faire progresser la démocratie dans tous les domaines et partout dans le monde".

Depuis 1990, l'Odissée conduit l'étude interactive permanente Comprendre et développer la Personne, l'Entreprise et la Société. Dès 1992, elle a diffusé un million de Cahiers de doléances, ce qui l'a conduit à organiser des groupes de travail regroupant des acteurs des sphères associative, sociale, politique, économique qui ont animé des centaines d'auditions, tables rondes, forums, tours de France citoyens, démarches de dialogue territorial et à l'intérieur des entreprises.

 

Vidéo Youtube Jean-François Chantaraud

Chronique du 27/02/2019 La Tribune